Un article de Mailys Lambert. Paru dans le Toulouse Mag de janvier 2011
Depuis six mois, des adeptes de combats médiévaux se donnent rendez-vous régulièrement pour des duels à l’épée sur les bords de la Garonne. Toulouse Mag est allé à leur rencontre.
Le rendez-vous est donné au 27 rue des Blanchers, au Griffon Noir, boutique médiévale gothique, dans laquelle un groupe de fidèles se retrouve plusieurs fois par semaine. En gambison matelassé (une sorte de veste amortissant les coups), on pourrait croire qu’ils réalisent un remake des « Visiteurs ». Pas du tout, Céline, Anthony, William, Olivier s’adonnent à leur passion du moment: les Arts martiaux historiques européens (AMHE). Casque, gantelet et épée sous le bras, ils se rendent sur les bords de la Garonne. L’épée pointée sur l’adversaire, le duel peut commencer.Ils enchaînent prises et coups, se dégagent, tentent une nouvelle percée sur le corps de leur adversaire. Techniques de défense et d’attaques se succèdent. Celui qui obtient le plus de touches remporte la partie. « C’est la seule règle du jeu dont on soit sûr », explique Anthony Menting, entre deux attaques d’épée.
Ces combat du XIIIe siècle, remis au goût du jour dans les années 1990 aux Etats-Unis, posent effectivement quelques soucis d’interprétation. « Les bases de l’AMHE sont des manuscrits qui datent du XIIIe au XVIe siècle, explique le responsable. Chaque pratiquant propose une traduction différente, et suivant les pays ou les associations, les techniques ne sont pas les mêmes. » Les règles sont en constante évolution, ce qui ravit Anthony Menting. « Cette recherche historique perpétuelle me plaît. On n’a jamais fini de l’étudier: c’est un jeu sans fin! »
Le renouveau des arts martiaux
C’est grâce à ce natif des Pays-Bas que la pratique des arts martiaux historiques européens a pu voir le jour dans la Ville rose, il y a six mois. Il quitte un premier château à Carcassonne et un autre en Charente, pour s’installer rue des Blanchers à Toulouse. Il troque son métier dans l’hôtellerie pour se plonger dans le Moyen-Age et ouvre avec sa femme, Le Griffon Noir, qui attire des joueurs de rôle grandeur nature, évocateurs médiévaux, romantiques et, bien sûr gothiques.
Mais il manque quelque chose… « On s’est dit que ce commerce n’était pas crédible sans la vente d’épée », poursuit Anthony. Une fois les armes en rayon, il se lance alors dans les arts martiaux médiévaux. Et entraîne avec lui sa famille, fille et gendre, ou encore ses amis. Comme Olivier Boubles, trentenaire, escrimeur professionnel, qui compare les deux pratiques. « Les arts martiaux sont une activité complète. C’est très physique, mais aussi tactique et technique. Plusieurs qualités sont nécessaires. »
Pour William, cascadeur de 23 ans, les combats lui permettent de revivre cette époque médiévale, une période de l’Histoire qu’il affectionne tout particulièrement.
Comme eux, ils sont une quinzaine à se rejoindre pour partager leur passion. Et les anecdotes ne manquent pas. « Ma fille, toute fine, a réussi à faire tomber un de ses adversaires » lâche fièrement Anthony Menting, en insistant bien sur le fait que cette pratique n’est en aucun cas dangereuse.
« Les épées sont en polypropylène, et on peut utiliser toutes sortes de protections, même si elles ne sont pas d’époque. » Chaque groupe adopte effectivement ses propres réglementations. Rien d’étonnant, donc, si Olivier enfile son bouclier avec des gants de boxe rouges. Mais les règles pourraient bientôt évoluer, car Anthony, comme d’autres pratiquants, aimerait « qu’à terme les arts martiaux européens soient reconnus en compétition ». « Ils sont moins populaires et moins valorisés que les arts martiaux asiatiques, regrette-t-il. C’est dommage car nous n’avons pas à avoir honte! ».
Mailys Lambert
redaction@depechemag.com
Entraînements:
les lundis et mercredi 16 heures
le jeudi à 15 heures
le samedi à 14 heures
Pour plus de renseignements:
Le Griffon Noir
27 rue des Blanchers à Toulouse
09.81.899.117 appel non surtaxé